La tempête Helvetix souffle sur Saint-Tropez

23 sept 2011

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La tempête Helvetix souffle sur Saint-Tropez

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Le Parisien: 6 septembre 2011

Le franc suisse pourrait bien déclencher, dans les prochains mois, une véritable tornade dans les eaux bleues du port de Saint-Tropez. En cause, un contrat d'emprunt baptisé Helvetix et dont le taux d'intérêt variable, indexé sur le rapport franc suisse/euro, risque fort d'exploser courant 2012. De quoi plonger les finances de cette idyllique commune de 6000 habitants plus loin dans le rouge.

« Pour l'heure, nous bénéficions d'un taux fixe à 3,94%. Mais si le franc suisse reste à des niveaux aussi élevés qu'aujourd'hui, nous allons très vite nous retrouver en très mauvaise posture », s'inquiète Vérane Guérin, conseillère municipale de Saint-Tropez. Membre de l'opposition municipale, celle-ci a déjà sorti sa calculatrice : « En appliquant la formule aujourd'hui, notre taux d'intérêt passerait automatiquement à 30%! » s'exclame Vérane Guérin.

La ville doit désormais rembourser 48 M?

Une éventualité qui ne semble plus si lointaine puisque la variabilité d'Helvetix entrera en vigueur soit en mars prochain soit, au plus tard, fin 2012. Or rien ne dit que le franc suisse aura baissé d'ici là, retrouvant les niveaux qu'il avait en 2007, lorsque Saint-Tropez a contracté cet emprunt auprès du Crédit foncier.
Sollicité à plusieurs reprises, le maire de Saint-Tropez, Jean-Pierre Tuvéri, n'a pas souhaité s'exprimer sur ce dossier. Son directeur de cabinet, Jean-François André, a néanmoins confirmé que les services financiers de la ville « travaillent actuellement avec les créanciers pour trouver une solution ». Quelles pourraient être les solutions? « La mairie a déjà essayé de négocier avec le Crédit foncier pour sortir de ce prêt? Le coût d'une telle opération est colossal », explique Vérane Guérin.
Si le Crédit foncier, contacté par notre journal, refuse de confirmer cette information, les clauses de remboursement anticipé de ces prêts dits « structurés » sont en effet connues pour être très onéreuses. Leur montant peut même parfois excéder celui du capital initial emprunté !
Acquisition d'un ancien hôpital, aménagement de l'esplanade du port et du marché forain, réhabilitation de la place aux Herbes ou encore « travaux divers et voirie »? Les motifs ne manquaient pas ces dernières années à Saint-Tropez pour emprunter. Résultat : la ville doit désormais rembourser 48 M? d'emprunts auprès des banques, selon les chiffres arrêtés au 31 décembre 2010. Une sacrée somme pour une commune dont les recettes se sont élevées l'an dernier à? 45 M?. Selon nos informations, la préfecture du Var aurait même récemment décidé de placer les finances de la ville sous surveillance. De quoi faire causer à l'heure du pastis sur le port.

 

Le Parisien

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